14 Nov, 2018
vendredi, 30 novembre 2012 17:23

La PAPDA, le GARR, et la POHDH se positionnent par rapport à la structure de CAED Spécial

Professeur Camille Charlmes et M. Antonald Mortimé interviennent au nom des organisations signataires de la note en présence des journalistes Professeur Camille Charlmes et M. Antonald Mortimé interviennent au nom des organisations signataires de la note en présence des journalistes

Ces trois organisations de la société civile ont salué, lors d’une conférence de Presse, la création du Cadre de Coordination de l’Aide Externe au Développement(CAED), une institution qui se veut entièrement haïtienne, le jeudi 29 novembre 2012. Toutefois, ces organisations émettent des réserves quant à la structure de cette entité, qui, selon elles, n’est pas représentative des différents secteurs du pays et susceptible d’afficher les mêmes faiblesses de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH)

Version complète de la note…

CREATION DU CAED: LES DÉFIS D’UNE AUTHENTIQUE PARTICIPATION

Nous, organisations signataires de cette note, saluons avec intérêt la décision prise par le gouvernement haïtien de mettre fin officiellement à l’existence de la CIRH (Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti) et de créer une nouvelle structure, « entièrement haïtienne » pour coordonner la gestion de l’aide externe.

Selon les informations fournies par les autorités, cette nouvelle structure, le CAED (Cadre de Coordination de l’Aide Externe au Développement)  est  totalement haïtienne, fonctionnera de manière autonome et assurera le leadership de la coordination de l’aide. Pour que cette mission soit effective, le CAED doit être composé de représentants de secteurs clés de la société haïtienne et de fonctionnaires de l’Etat ayant la capacité, la maturité et surtout un engagement certain envers Haïti. Dans ce sens, nous avons des inquiétudes par rapport aux secteurs proposés pour intégrer cette structure, car nous notons qu’encore une fois, des acteurs clés de la société, telle la paysannerie, sont laissés de côté.  Dans le cas de la société civile haïtienne, il est difficile de parler de représentation, car selon ce qui est prévu dans le document présentant le CAED, c’est le président de la République qui va choisir ces personnes. Nous apprenons également qu’il y a désormais une société civile internationale fonctionnant en Haïti qui aura également ses représentants au sein du CAED.

Nous exigeons une révision de la composition de cette structure et de la transparence dans le choix des personnes qui devront en faire partie afin d’éviter la répétition de ce qui s’était passé au moment de la création de la CIRH où des gens qui n’avaient aucune légitimité, ni qualité, ni mandat des secteurs prévus, avaient été choisis. Nous exigeons une évaluation transparente et participative des 18 mois de la CIRH et les impacts de cette gestion sur les mécanismes de la coopération externe avec notre pays.

D’un autre côté, pour éviter que les mêmes erreurs ne se reproduisent, nous croyons nécessaire un bilan critique de la CIRH afin d’informer la population sur les fonds réels qui ont été gérés par cette structure de coordination de l’aide externe, les projets réalisés, les mécanismes de prise de décision, les résultats obtenus, afin de dégager des leçons qui serviraient au bon fonctionnement du CAED. Il est indispensable de faire un bilan courageux et intelligent des expériences de ces 15 dernières années (PURE I, PURE II, DSNCRP, CIRH, …) et de l’insuffisance des résultats obtenus au regard des intérêts stratégiques du Peuple haïtien. PURE / CCI/ DSNCRP / CIRH / CAED.

Selon l’organigramme, les donateurs ont aussi la possibilité de siéger au sein du CAED. Nous espérons que cette présence ne constitue pas un obstacle qui empêche à l’institution de prendre des décisions en toute autonomie, sans la pression des bailleurs pour favoriser tel ou tel projet ou tel ou tel groupe. Il est indispensable de préciser les mécanismes concrets d’articulation entre les acteurs externes et les acteurs nationaux. Les fonds qui seront gérés par le CAED doivent être utilisés d’abord par les structures de l’Etat et de la société pour financer des activités issues d’un plan stratégique du gouvernement pour résoudre les problèmes fondamentaux du pays. Ils doivent financer des activités qui dynamisent un processus de développement endogène et non faciliter la reproduction des modèles extravertis, déjà expérimentés en Haïti, telles que les zones franches comme moteur de la croissance, qui n’ont donné que des résultats négatifs.

Nous souhaitons que cette nouvelle structure contribue au renforcement de l’Etat et non à son affaiblissement. Pour cela, certaines pratiques doivent être abandonnées au profit de stratégies qui valorisent les cadres, les mettent en confiance et renforcent la solidarité entre les employés de l’Etat. La formule des unités techniques qui consiste à privilégier certains groupes de fonctionnaires au sein d’un Ministère en leur donnant des avantages et des salaires que les autres n’ont pas, n’est pas une stratégie à maintenir.

Enfin, avec la création du CAED, nous souhaitons la mise en place de vrais mécanismes de communication et de participation, notamment au niveau des tables sectorielles thématiques et régionales, afin de donner à la population haïtienne la possibilité d’être informée sur ce qui se passe au sein de cette structure et d’influencer ses décisions.

Pour les organisations signataires

Colette Lespinasse          Antonal Mortimé             Camille Chalmers            

GARR                                    POHDH                                 PAPDA

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Dernière modification le lundi, 03 décembre 2012 14:41

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