17 Dec, 2018
jeudi, 15 mars 2018 13:21

Des organisations féminines ont commémoré à la frontière la Journée internationale des droits de la femme Spécial

Vue des femmes lors d'une marche organisée à Ouanaminthe le 8 mars 2018 Vue des femmes lors d'une marche organisée à Ouanaminthe le 8 mars 2018 Photo: GARR

Plusieurs organisations féminines ont célébré, en partenariat avec le GARR, dans diverses communes et localités frontalières, la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars 2018. Marche pacifique, conférences-débats, témoignages, projection de documentaires relatifs à la lutte des femmes, telles ont été les diverses activités réalisées cette année.

« An n bay jarèt ak patisipasyon fanm yo nan zafè peyi yo / soutenons la participation pleine et entière des femmes dans la gestion de leur pays», tel est le thème qui a été retenu. Des centaines de personnes ont pris part à ces activités qui ont réuni des élus locaux, des représentantes du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), des représentantes et représentants d’organisations partenaires du GARR, des journalistes locaux  et  des forces de l’ordre.   

Dans les communes de Belladère, de Baptiste et dans la localité de San Pèdre (Centre), une marche pacifique suivie d’une conférence-débat a été organisée.

Vêtues de T-shirts blancs, verts et jaunes, les femmes ont marché pour le respect de leurs droits dans le centre-ville de ces deux communes frontalières et dans la localité de San Pèdre. Sur leur parcours, les femmes ont chanté à l’unisson des chansons engagées.

Brandissant une banderole et des pancartes, les femmes se sont montrées motivées et dévouées dans la lutte pour faire respecter leurs droits. Viv lit fanm, vive la lutte des femmes !, Fanm yo se poto mitan sosyete a, les femmes sont les socles de la société !, Nou mande pou dwa fanm yo respekte, Nous exigeons le respect des droits des femmes, pouvait-on lire sur les pancartes préparées en la circonstance.

Intervenant comme panéliste à une conférence-débat qui avait été tenue à Belladère, la responsable du Bureau communal du GARR, Diana Colin, a fait un historique de la journée du 8 mars. Cette journée, selon elle, revêt d’une importance considérable dans la lutte des femmes.

La mairesse de Belladère, Sonia Thermony qui prenait la parole en cette occasion, a appelé les femmes à poursuivre la lutte en vue de leur pleine participation dans toutes les activités engageant le pays. Ce qui leur permettra, a-t-elle dit, d’atteindre leur objectif.   

Faisant partie des panélistes, le responsable de plaidoyer du GARR à Belladère, Rigard Orbé, estime que les femmes peuvent réaliser de grandes choses si elles arrivent à s’organiser. M. Orbé a encouragé les femmes à s’unir davantage pour mieux défendre leurs droits. Il en a profité pour plaider en faveur d’une éducation familiale non basée sur le genre qui a tendance  à fixer ordinairement la tâche des filles et des garçons au foyer.

Pour sa part, Mme Alda Louis Issalème, représentante du Réseau de Femmes Frontalières du Bas Plateau central, a appelé au respect du quota de 30%  des femmes dans la vie sociale et politique du pays.

La féministe a annoncé la mise en place d’une plateforme genre dans la commune frontalière de Baptiste en vue de promouvoir le respect et la défense des droits des femmes.

Bikenson Paniague, Promoteur des droits humains du Service Jésuite aux Migrants (SJM) à Belladère qui faisait partie des panélistes, a analysé les divers courants de féminisme dont le féminisme matérialiste, socialiste et paritaire. M. Paniague a exhorté les autorités haïtiennes à travailler de commun accord avec les organisations de la société civile haïtienne en vue du respect des droits des femmes.

A Lascahobas (Centre), les femmes étaient invitées à réfléchir sur l’importance de la journée dans la lutte des femmes et leur participation dans la gestion de la communauté. Les intervenantes et intervenants ont mis l’accent également sur les cas de viol perpétrés de temps à autres sur les fillettes dans ladite commune. Une mère dont la fille de 10 ans a été violée par son père quadragénaire à Beaudouin (Lascahobas), en a profité pour réclamer justice et réparation.

Les femmes ont résolu de travailler davantage pour faire respecter leurs droits en poursuivant notamment avec la dénonciation de tous les agresseurs qui continuent de vivre en toute impunité.

A Thomassique (Centre), une marche suivie d’une conférence-débat avait été organisée pour marquer cette journée.  Cependant, à Los Cacaos une journée de réflexion a été tenue.

Judith Pierre-Louis, officière de projet du GARR à Thomassique qui animait la conférence-débat, a sensibilisé le public qui était composé en majorité de femmes, sur leur participation dans le développement de la communauté.

Des bénéficiaires du GARR se sont déclarées satisfaites d’être désormais en mesure de défendre leurs droits et d’aider de nouvelles victimes en cas de violation ou d’agression.

A Cornillon/Grand-Bois (Ouest), une conférence-débat a été tenue. Les intervenantes et intervenants ont encouragé les femmes à ne pas lâcher prise en vue du respect de leurs droits fondamentaux.

Des femmes rapatriées en ont profité pour dénoncer les diverses difficultés auxquelles fait face la population de Cornillon/Grand-Bois. Au nombre de ces difficultés rencontrées figurent l’absence d’eau potable et d’installations sanitaires, le problème d’identification et l’état piteux de la route reliant la commune à Port-au-Prince.

A Ouanaminthe (Nord-est), une série d’activités dont célébration de messes, organisation des marches pacifiques et des conférences-débats ont été réalisées par la Plateforme genre en partenariat avec le GARR. Ces activités ont été tenues de manière simultanée dans 5 communes frontalières notamment à l’Acul-des Pins, Fort-Liberté, Capotille,  Ferrier et à Vallières.

Les femmes se sont mises d’accord qu’il reste beaucoup à faire pour faire respecter le quota de 30% des femmes et même franchir la barre.

Les intervenantes ont rappelé que les femmes sont ordinairement responsables des travaux domestiques alors que leur contribution n’est pas toujours mise en valeur par certains hommes. Elles sont souvent l’objet de violences physiques, psychologiques,  sexuelles et économiques. A cause du machisme  diffusé et le manque d'autonomie des femmes, leurs droits  continuent d’être violés à l'intérieur de leurs propres maisons.

Ces activités qui avaient été organisées aussi à Ganthier (Ouest) et à Anse-à-Pitres (Sud-est), ont été rendues possibles grâce à l’appui financier de Norvegian Church Aid (NCA), d’OXFAM, American Jewish World Service (AJWS) et de Christian Aid.

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Dernière modification le jeudi, 15 mars 2018 13:36

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