16 Jul, 2019
mardi, 16 février 2016 14:52

Des organisations de droits humains s’adressent aux autorités dominicaines Spécial

Des organisations de droits humains s’adressent aux autorités dominicaines Photo: Google

Dans une correspondance en date du 11 février 2016, des organisations de droits humains haitiennes et dominicaines ont demandé aux autorités dominicaines de fournir à l’opinion publique nationale et internationale le rapport définitif  des résultats de l’investigation menée sur l’assassinat de Harry Claude Jean connu sous le nom de TULILE . Un an après l’assassinat du jeune migrant haïtien, le dossier semble jeter aux oubliettes.  Ces organisations en ont profité pour exhorter l’Etat dominicain à prendre des mesures nécessaires pour que les droits humains soient respectés en République Dominicaine.  

 

Le GARR partage avec vous l’intégralité de cette lettre :

Saint-Domingue, District national,
République Dominique,11 février 2016

 

 

LETTRE OUVERTE SUR LE CAS DE TULILE


 

A:

M. José Ramón Fadul

Ministre de l’Intérieur et de la Police

M. Francisco J. Domínguez Brito

Procureur Général de la République

Sr. Nelson R. Peguero Paredes

Chef de la Police Nationale Dominicaine

 

 

Compte tenu de la préoccupation de ne pas laisser dans l'oubli et l'impunité l'horrible assassinat du citoyen haïtien du nom de Harry Claude Jean, connu publiquement comme Tulile, qui s’est produit à Santiago le 11 février 2015, nous, les organisations signataires de cette lettre, exigeons que justice soit faite et que soient mises en œuvre des actions de prévention contre la haine et la violence envers les immigrants haïtiens et toute autre nationalité.

 
Il y a exactement un an, un jour comme aujourd’hui, le 11 février dans la matinée, on a découvert le corps de Harry Claude Jean (populairement Tulile) pendu à un arbre, lynché dans le parc public Ercilia Pepín de Santiago. Cela est arrivé lorsque dans le pays augmentait une campagne de haine, de violence, de racisme et d’anti-haïtianisme, revêtue de "défense nationale", puis l’apparition de l'Arrêt 168-13 de la Cour Constitutionnelle qui a violé le droit à la nationalité et l'identité de milliers de Dominicains/Dominicaines descendants d'immigrants.

A cette époque, à la violence du crime – propre des scènes les plus effrayantes de la haine raciale vues au XXe siècle aux États-Unis, en Europe ou dans le massacre de 1937 en République Dominicaine – s’ajoutait la violence des déclarations des autorités attribuant l'assassinat à un règlement de comptes, un crime passionnel ou un vol de l’argent d’une "palette". Violence sur violence, dans un accord tacite pour enterrer l'affaire et faire passer la victime pour bourreau, et diluer les connotations ouvertement racistes et de haine dans cette affaire effrayante, au moment d’’établir l'impunité totale pour les auteurs de cette atrocité.

  
Un an après et en raison de l'omission prolongée d'assurer le devoir de justice, nous dénonçons l'intention des autorités qui veulent tromper à la fois la société dominicaine et la communauté internationale, dans ses enquêtes prolongées pour clarifier ce crime hideux qui se révèle être le résultat de la haine irrationnelle de certains groupes qui brandissent la bannière de la souveraineté comme une excuse pour violer les droits fondamentaux et la dignité des personnes, principalement des Haïtiens/Haïtiennes ou d'origine haïtienne.

A cela, ajoutons que des autorités nationales et des personnalités de renom encouragent la violence (en menaçant de tuer des journalistes, l’assassinat de Tulile, les lynchages à Moca, la construction d'un mur) comme de véritables actes de “patriotisme”.

 
Des Dominicains/Dominicaines à New York ont manifesté l'année dernière en exigeant le gouvernement dominicain d’adopter un Plan National de Lutte contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et les formes connexes d'Intolérance, qui n'a été pris en compte par aucune instance du gouvernement et de l'État dominicain.

La communauté haïtienne en République Dominicaine également, à travers 18 organisations, a déploré qu’on n’ait pas donné un rapport définitif de(s) l’investigation(s) sur l’assassinat du jeune Tulile. Jusqu'à aujourd'hui, le 11 février 2016, nous n'avons aucune connaissance d’un rapport similaire.

Par conséquent, nous exigeons que les autorités qui ont mené des investigations sur le cas mentionné ci-dessus répondent à nos revendications suivantes:

- Fournir à l'opinion publique nationale et internationale le rapport définitif détaillant les résultats de l’investigation menée par les autorités dominicaines;

- Mener jusqu’aux ultimes conséquences judiciaires les résultats dudit rapport;
Réaliser une campagne massive, par écrit, à la télévision et à la radio, pour sensibiliser sur la nécessité de respecter et de garantir les droits fondamentaux de toute personne vivant dans le pays, en particulier les immigrants/immigrantes haïtiens/haïtiennes, sans discrimination d’origine nationale, de couleur de sa peau, de langue, de religion ni de statut social.
- Faire tous les efforts politiques, institutionnels, juridiques et éducatifs pour qu’en République Dominicaine on respecte et applique strictement le mandat de la Constitution dans ce domaine et les normes internationales des droits humains.

Bien que nous soyons dans une campagne électorale, dans laquelle certains dirigeants politiques et partis ont l’habitude de manipuler devant l’opinion nationale la question de la présence haïtienne pour gagner des partisans à travers la peur, la suspicion et la culture de la confrontation, en avançant des contraintes d’un sombre souvenir, nous croyons que la volonté de discuter, de parvenir à un accord et de travailler jusqu’à ce qu’on parvienne à une politique migratoire claire et équitable est nécessaire.

 
Nous faisons appel aux leaders sociaux et politiques dominicains pour mieux orienter la population sur cette problématique, car on doit respecter et préserver l'intégrité physique et les vies humaines, et tenir compte de la non-violation de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, ainsi que la Convention Internationale sur l'Elimination de toutes les Formes de Discrimination Raciale dont la République Dominicaine est signataire.

 

Les organisations signataires:

 

Communauté d’Immigrants Haïtiens Organisés en RD (InmigrantesRD)

Justice Migratoire

Colectivo Isleño

Núcleo un Partido Obrero Internacionalista (NUPORI)

Liga Socialista de los Trabajadores/ Congreso Unitario de Revolucionarios y Revolucionarias (LST/CURR)

Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR)

Mouvement Socio-Culturel pour les Travailleurs Haïtiens (MOSCTHA)

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Dernière modification le mardi, 16 février 2016 15:10

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