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18 Oct, 2018
vendredi, 02 mars 2012 00:00

Le cri de Jean-Claude Bajeux pour Haïti : l’union de tous et le savoir pour tous

Jean Claude Bajeux Jean Claude Bajeux © Liliane Pierre-Paul

Disparu il y a plus de 6 mois, le militant des droits humains Jean-Claude Bajeux continue de nous parler à travers les écrits qu’il nous a laissés ; comme ce texte rédigé le 10 février 2010 et titré : Haïti, la refondation d’une nation.

Disparu il y a plus de 6 mois, le militant des droits humains Jean-Claude Bajeux continue de nous parler à travers les écrits qu’il nous a laissés ; comme ce texte rédigé le 10 février 2010 et titré : Haïti, la refondation d’une nation.

Si Haïti veut encore exister, c’est à condition d’interdire et de combattre sans répit l’apparition de catégories raciales, donc racistes, dans la vie et deuxièmement de mobiliser tous les efforts pour que tous les enfants aillent à l’école. Ce sont là, deux conditions non négociables de toute refondation de la nation, selon Jean-Claude Bajeux.

Comme première explication de nos retards dans l’organisation du pays, le militant évoque la question raciale. Il s’explique en ces termes : La race est-elle une prison ? Certainement pas. Ce sont des croyances batardes, diffusées par des intérêts puissants qui batissent cette sorte de prison. Ils les véhiculent jusqu’au sein des familles supposées décolonisées, provoquant des névroses, obsédantes, des complexes d’infériorité que l’on porte comme des carcans et des démangeaisons qui poussent à des crimes qui resteront impunis. Dans un processus de refondation, il faudra inventorier les méfaits d’une telle métastase et inventer une nouvelle base d’un programme de vie commune….

La deuxième explication de notre incapacité à constituer une nation à même d’assurer le bonheur de ses citoyens se fonde sur le mutisme de la majorité de la population dans son non-accès à l’écriture, constate Jean-Claude Bajeux. Après deux cents ans, le monde du savoir technique, l’univers des technologies dans leurs langages divers, l’amplification de la mémoire liée à l’écriture restent fermés à la moitié de nos enfants. Ceci n’est pas seulement la négation du progrès, c’est de fait, la destruction d’un trésor, poursuit-il.

Pourtant, le serment des ancêtres supposait un devoir de révolution : l’Union pour tous et le Savoir pour tous, insiste le militant des droits humains.

Ce cri était lancé le 10 février 2010.

Il a été repris le 1er mars 2012, à l’auditorium de la FOKAL, à Port-au-Prince, dans le cadre d’un hommage à Jean-Claude Bajeux, à l’initiative de l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR).

En prenant la parole, cet après-midi du 1er mars, au terme de la cérémonie d’hommage, celle qui a partagé les moments forts de la vie de ce militant, Sylvie Bajeux, a déclaré à l’assistance attentive : Je n’ai pas de micro, non je n’ai pas de micro mais vous allez m’entendre de toute façon. Et, ses propos de circonstance ont été entendus.

Mais, sommes-nous disposés-es aussi à entendre dans notre quotidien, la voix hors micro, lointaine mais forte de Jean-Claude Bajeux secouant notre apathie et nous rappelant que le serment des ancêtres suppose un devoir de révolution : l’Union pour tous et le Savoir pour tous.

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